« Merci de ne pas m'inonder »

Une phrase entendue cette semaine

« Merci de ne pas m'inonder. »

Elle nous a été dite par un contact qui reprenait le lien après plusieurs mois de silence. Ce n'était pas une formule de politesse. C'était la raison pour laquelle il rappelait.

Ses mots, en substance : nos mails n'arrivent jamais en avalanche. Un profil à la fois, seulement quand ça a du sens.

Nous la notons ici parce qu'elle dit quelque chose du métier que peu de gens formulent.

Le calcul du volume, et pourquoi il se tient

Il faut d'abord comprendre pourquoi tant de cabinets écrivent souvent.

La logique est solide. Un décideur reçoit des dizaines de messages par semaine. Il oublie ceux qu'il ne voit pas. Le jour où un besoin apparaît, il appelle un nom présent à son esprit, et la présence à l'esprit se construit par la répétition. Écrire souvent, c'est augmenter ses chances d'être là au bon moment.

Ce raisonnement n'est pas faux. Il est même arithmétiquement correct.

Son coût est simplement invisible pour celui qui l'applique. Chaque message envoyé sans raison précise abaisse d'un cran la valeur du prochain. Au bout d'un moment, le nom est effectivement connu, mais il est rangé dans la catégorie de ce qu'on traite plus tard, puis dans celle de ce qu'on ne traite pas.

Ce qui gouverne notre rythme

Nous avons fait un autre choix, et il tient en trois règles.

Nous écrivons quand un profil correspond vraiment, pas pour occuper l'espace. Si nous vous envoyons un candidat, c'est que nous avons eu cette personne au téléphone et que nous pensons sincèrement qu'elle peut tenir le poste dont nous avons parlé. Pas qu'elle est disponible et à peu près dans le bon secteur.

Deux mails utiles valent mieux que dix qui se ressemblent. Un mail qui vous fait ouvrir un dossier, réfléchir trente secondes et répondre a plus de valeur, pour vous comme pour nous, que dix messages classés sans lecture.

Le silence est aussi un signal. Quand nous n'écrivons pas, cela veut dire que nous n'avons rien à proposer en ce moment. C'est une information, et elle est honnête. Le silence d'un partenaire sérieux vaut mieux qu'un message écrit pour montrer qu'il est toujours là.

Ce que ça produit, concrètement

Le résultat se mesure à un endroit précis : nos mails sont ouverts parce qu'ils sont rares, et non malgré leur rareté.

Un dirigeant qui voit notre nom dans sa boîte sait qu'il y a quelque chose dedans. Il ouvre tout de suite, souvent depuis son téléphone. Il répond dans la journée, y compris pour dire non. Ce seul fait change la vitesse d'un recrutement bien plus que n'importe quel outil.

Il y a une contrepartie, et nous l'assumons : nous sommes moins présents à l'esprit que d'autres. Il nous arrive d'apprendre qu'un poste a été ouvert et pourvu chez un contact sans que nous ayons été appelés. C'est le prix de ce choix, et nous le payons régulièrement.

Nous le préférons à l'autre.

Ce que ça suppose de notre part

Ce rythme ne fonctionne que s'il est adossé à un vrai travail entre deux messages.

Si nous n'écrivons que lorsque nous avons quelque chose, encore faut-il avoir quelque chose. Cela veut dire connaître le marché en continu, rencontrer des candidats en dehors de toute recherche en cours, et savoir ce qui bouge dans une entreprise avant qu'elle nous appelle.

Le silence n'est pas de l'attente. C'est ce qui rend le message suivant utile.

Le compliment que nous préférons

Ce n'est pas « vous êtes réactif ». Tout le monde est réactif, et c'est le minimum.

C'est « vous ne m'avez jamais dérangé ».

Pour en parler

HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France.

Si vous avez un poste ouvert, ou si vous voulez simplement qu'un nom soit quelque part le jour où un recrutement résiste, nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.

Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement

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