Le candidat qu'on n'a pas placé

Un mardi de septembre

Mardi 2 septembre, 11h41. Un poste de comptable clients évoqué au téléphone avec une entreprise, presque en passant, à la fin d'une conversation qui portait sur autre chose.

15h17 le même jour, le profil d'une candidate part chez cette entreprise, CV joint.

Aucune recherche n'a été lancée entre les deux. Aucune annonce publiée, aucun appel passé, aucune base interrogée.

Ce qui s'était passé avant

Cette candidate, nous l'avions rencontrée pour un autre poste, des mois plus tôt. Elle n'avait pas été retenue.

Et depuis, nous nous sommes rappelés régulièrement, sans jamais rien avoir à nous proposer.

C'est cette partie-là qui explique le reste, et c'est la seule qui compte dans cette histoire.

Des appels qui ne servent à rien le jour où on les passe

Il faut être honnête sur ce que sont ces appels.

Ils prennent des créneaux entiers pour des nouvelles qui tiennent en trois minutes. Un changement d'équipe. Un déménagement qui rallonge le trajet. Un nouveau manager. Une envie qui s'est déplacée sans qu'elle soit devenue une décision. Parfois rien du tout, juste le fait que tout va bien.

Aucun de ces appels n'a de rendement le jour où il est passé. Aucun ne produit de mission, aucun ne remplit une liste, aucun ne peut se justifier dans un tableau de suivi d'activité. C'est exactement pour cette raison qu'ils sont les premiers à sauter dans un agenda chargé, et qu'ils sautent dans la plupart des organisations.

Puis un poste arrive. Et là, ce sont six mois de retard en moins.

Ce que ça change pour l'entreprise

Une entreprise qui reçoit un profil le jour même n'assiste pas à une performance de recherche. Elle récolte le travail fait pendant les mois où il ne se passait rien.

Le délai visible d'un recrutement, celui qui se mesure entre le brief et la première liste, est en grande partie décidé avant que le brief existe. Un cabinet qui connaît déjà les gens ne cherche pas, il retrouve. Un cabinet qui découvre le marché au moment où on l'appelle recommence à zéro, et il lui faut trois semaines pour arriver au même endroit.

C'est aussi ce qui explique une chose qui surprend souvent : le meilleur candidat sur un poste n'est pas toujours celui qui vient d'être trouvé. C'est parfois celui qu'on connaît depuis longtemps, et dont on sait exactement où il en est.

Ce que ça change pour le candidat

Il y a l'autre versant, et il nous tient à cœur.

Ne pas être retenu sur un poste n'est presque jamais un jugement sur la valeur de quelqu'un. C'est un écart entre une situation et un besoin, à un instant donné. L'entreprise cherchait quelqu'un ayant déjà tenu un périmètre plus large, ou le manager voulait un tempérament différent, ou un autre candidat était simplement plus proche géographiquement.

Rien de tout cela ne sera vrai éternellement, ni du côté du candidat, ni du côté du marché.

C'est pour cela que nous continuons à appeler des gens que nous n'avons pas placés. Pas par courtoisie. Parce que la situation qui les a écartés une fois aura changé, et que nous voulons le savoir quand ce sera le cas.

Pour en parler

HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France.

Si vous avez un poste ouvert, ou un besoin qui se profile sans être encore décidé, dites-le nous tôt : c'est souvent ce qui permet d'aller vite ensuite. Nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.

Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement

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