Le jour où tout le monde ira vite

Une prédiction qui ne nous arrange pas

Dans deux ans, aller vite ne vaudra plus rien.

Pas parce que la vitesse cessera d'avoir un intérêt. Parce que tout le monde saura le faire.

C'est une chose un peu étrange à écrire quand on a passé l'été à reconstruire son organisation pour gagner du temps. Mais autant le dire maintenant : l'avance technique que prend un cabinet aujourd'hui est une avance de calendrier, pas une position.

Ce qui va devenir le minimum

Une liste de candidats sortie le jour du brief. Un marché cartographié avant le déjeuner. Une relance qui part au bon moment sans que personne y pense. La mise en forme automatique des dossiers, le suivi qui se tient tout seul, les recherches croisées sur quatre sources en trois minutes.

Aujourd'hui, tout cela constitue un écart visible entre les cabinets. Demain, ce sera le minimum attendu. Et ce qui devient le minimum ne se facture plus.

Le mécanisme est connu, il a joué dans tous les métiers de service avant le nôtre. Une compétence rare fait la différence, puis elle se diffuse, puis elle devient une condition d'entrée dont plus personne ne parle. Personne ne facture aujourd'hui le fait de savoir utiliser un traitement de texte.

Ce qui reste rare

Trois choses, et aucune ne s'accélère.

Obtenir au téléphone le décideur qui ne répond à personne. Ce n'est ni une question d'outil ni une question de base de données. C'est une question de nombre d'appels, d'heure choisie, de première phrase, et d'un certain rapport à l'échec répété. Aucune technologie ne fait décrocher quelqu'un.

Dire à un client que son brief, tel qu'il est écrit, ne trouvera personne. C'est le service le plus utile qu'un cabinet puisse rendre, et c'est celui qui coûte le plus cher à rendre, parce qu'il met en risque la mission. Un outil qui analyse une fiche de poste peut signaler une incohérence. Il ne la dira pas en face à un dirigeant qui y tient.

Engager sa parole sur un candidat, et rester joignable six mois après. Présenter quelqu'un, c'est mettre son nom derrière le sien. Cela suppose d'assumer la suite, y compris quand ça se passe mal.

Un déplacement, pas une disparition

La valeur est en train de quitter l'exécution pour aller se loger dans la décision.

Ce n'est pas la fin d'un métier, c'est un changement de ce pour quoi il est payé. Hier, une part importante des honoraires rémunérait la capacité à accéder à des candidats et à traiter du volume. Demain, elle rémunérera le jugement : qui présenter, qui écarter, quoi dire au client qu'il n'a pas envie d'entendre.

Cela a une conséquence directe pour les entreprises. Le critère de choix d'un cabinet se déplace lui aussi. Demander combien de temps il faut pour recevoir une première liste va devenir une question sans intérêt, parce que tout le monde répondra la même chose.

La question qui restera utile est celle-ci : qui prend la décision d'écarter un candidat, et sur quoi.

Ce que nous croyons

On va donc entendre encore longtemps que ce métier va être remplacé.

Nous croyons exactement l'inverse. Plus les outils feront le travail, plus c'est l'humain qu'on paiera.

Pour en parler

HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France.

Si vous avez un poste ouvert, ou si vous êtes en train de revoir la façon dont vos recrutements sont confiés, nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.

Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement

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