« Nous travaillons déjà avec plusieurs cabinets »

La phrase qui est censée clore la conversation

« Nous travaillons déjà avec plusieurs cabinets. »

C'est la réponse la plus fréquente quand nous appelons une entreprise pour la première fois. Elle est dite poliment, souvent avec un peu de gêne, et elle est censée mettre fin à l'échange.

Elle ne le fait pas.

Une entreprise qui quitte son partenaire à la première sollicitation extérieure quittera aussi le suivant. La fidélité d'un dirigeant à ses prestataires n'est pas un obstacle. C'est une qualité, et c'est même le meilleur renseignement qu'il puisse donner sur sa maison : il tient ses engagements, il laisse le temps aux gens de faire leurs preuves, et il ne change pas d'avis parce que quelqu'un a décroché son téléphone un mardi matin.

Nous préférons de loin entendre cette phrase que l'inverse.

Ce qui vient après, et qui est plus intéressant

Lors d'un échange récent, un dirigeant nous a dit cette phrase. Puis il a continué, sans la présenter comme un problème.

Un CDI confié à un cabinet. Un CDD confié à un autre. Une mission d'intérim ailleurs encore. À chaque fois les mêmes métiers, fonctions supports et management. Et quatre partenaires différents pour aller chercher, sur le même marché, les mêmes personnes.

Il ne se plaignait pas. Pour lui, c'était simplement l'organisation en place, celle qui s'était construite au fil des années et des besoins. Chaque partenaire était arrivé pour une bonne raison, à un moment donné, et personne n'avait jamais eu l'occasion de reposer la question de l'ensemble.

C'est le cas de beaucoup d'entreprises, et c'est très compréhensible. Un recrutement se décide dans l'urgence. On appelle celui qu'on a sous la main, celui qui a bien travaillé la fois d'avant, celui que le siège a référencé. Personne ne s'assoit un lundi matin pour dessiner sa politique de sous-traitance du recrutement.

Ce que coûte une organisation que personne n'a choisie

Il y a un prix à cette situation, et il ne se lit sur aucune facture.

Le besoin se réexplique à chaque fois. Le contexte de l'équipe, le tempérament du manager, ce qui a fait échouer le recrutement précédent sur ce même poste, les raisons pour lesquelles la personne partie est partie. Tout cela se raconte en une heure au premier rendez-vous. Quand quatre interlocuteurs se relaient, cette heure est payée quatre fois, en temps de dirigeant.

Les mêmes candidats sont approchés plusieurs fois. Sur les fonctions supports en Île-de-France, le vivier des personnes réellement disponibles et réellement adaptées n'est pas immense. Un candidat contacté trois fois pour le même poste, par trois personnes différentes, en tire une conclusion : cette entreprise cherche depuis longtemps, et elle ne trouve pas. C'est exactement l'inverse de ce qu'on voulait lui dire.

Personne ne porte le sujet dans la durée. Quatre partenaires sur des contrats différents, c'est quatre personnes qui connaissent un morceau de la maison, et aucune qui la connaît.

Encore une fois : ce n'est le tort de personne. C'est le résultat naturel d'une suite de décisions prises chacune dans son coin, et qui n'ont jamais été regardées ensemble.

Ce que nous faisons de cette réponse

Rien.

Nous ne demandons pas au dirigeant de changer quoi que ce soit. Nous ne lui expliquons pas que ses partenaires actuels s'y prennent mal, nous n'en savons rien et ce serait malhonnête. Nous ne proposons pas de faire un essai sur un poste pour nous glisser dans la place.

Nous demandons une seule chose : qu'il garde nos coordonnées.

Parce que la situation qui nous fait entrer chez un client n'est presque jamais celle d'un remplacement. C'est celle d'un poste qui résiste. Une recherche ouverte depuis trois mois, un profil rare, un remplacement à traiter vite pendant que le reste tourne. Ce jour-là, le dirigeant ne cherche pas à changer de cabinet. Il cherche quelqu'un de plus, tout de suite, et il appelle le nom dont il se souvient.

L'appel qui compte n'est pas le premier

C'est pour cette raison qu'un premier appel n'est jamais un échec quand il se termine sur « nous sommes déjà accompagnés ».

Ce premier appel ne sert pas à décrocher une mission. Il sert à ce qu'il y ait un nom et un numéro quelque part le jour où le besoin apparaît. Entre les deux, il peut se passer six mois. Il s'est déjà passé deux ans.

Le jour où un poste traîne plus que prévu, un appel suffira.

Comment travailler avec nous

HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France, pour des entreprises de type siège social.

Si vous êtes déjà accompagné et que tout se passe bien, gardez notre numéro et n'en faites rien. Si un poste résiste en ce moment, ou si vous n'avez tout simplement jamais eu l'occasion de poser la question de votre organisation de recrutement dans son ensemble, nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.

Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement

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