Six semaines d’écart sur un préavis

Une ligne qui coûte six semaines

Sur la fiche de poste, le préavis du candidat était noté à un mois et demi.

Dans son contrat, il est de trois mois.

Six semaines d'écart. Et elles apparaissent au pire moment : quand la personne dit oui. C'est-à-dire quand l'entreprise a arrêté son choix, prévenu son équipe, écarté les autres candidats et annoncé une date d'arrivée en interne.

À ce stade, il n'y a plus de bonne solution. On attend six semaines de plus, ou on recommence.

Pourquoi l'erreur est si fréquente

Parce que le préavis a l'air d'une donnée simple, et qu'il ne l'est pas.

Trois sources différentes se superposent, et elles ne disent pas la même chose.

Ce que prévoit la convention collective. C'est ce que l'on vérifie en général, et c'est le minimum légal applicable. Il varie selon le statut et l'ancienneté.

Ce que prévoit son contrat de travail, qui peut être plus long. C'est très courant sur les postes de responsable et de direction, et c'est précisément là que se trouvent les mauvaises surprises. Une clause signée il y a six ans, que le candidat lui-même a oubliée.

Ce que son employeur acceptera réellement de raccourcir. Ce n'est pas la même question que les deux précédentes, et c'est la seule qui décide de la date réelle. Un employeur qui vient de perdre deux personnes dans la même équipe n'accordera rien. Un employeur soulagé de ce départ libérera la personne en trois semaines.

Le candidat est de bonne foi

C'est important à dire, parce que la réaction naturelle est d'y voir une dissimulation.

Un candidat qui annonce qu'il est disponible rapidement est sincère. Il parle de son envie, pas de son contrat. Il a envie que ça marche, il ne veut pas être celui qui met un obstacle sur la table, et il se dit qu'il négociera son départ le moment venu.

Ce n'est pas un mensonge, c'est un optimisme. Et il se corrige en deux minutes, à condition de poser la question au bon moment et sous la bonne forme.

Comment poser la question

Pas « quel est votre préavis », qui appelle une réponse approximative.

Plutôt : qu'est-ce qui est écrit dans votre contrat, l'avez-vous relu, et à votre avis, que répondra votre employeur si vous demandez à partir plus tôt.

Ces trois questions prennent deux minutes en entretien de qualification. Elles décident du trimestre pendant lequel le poste reste vide.

Ce que ça change pour l'entreprise

La date d'entrée n'est pas une case administrative de fin de processus. C'est une information de brief.

Elle conditionne le calendrier de l'équipe, la période de recouvrement avec la personne qui part, le recours éventuel à un intérim de transition, et parfois la décision d'ouvrir le poste maintenant plutôt qu'en janvier.

Quand elle est connue dès la première conversation avec un candidat, elle devient un critère de sélection comme un autre, qui se pèse au même titre que la compétence. Quand elle est découverte à la fin, elle devient un problème sans solution.

Ce que nous faisons là-dessus

La disponibilité réelle est établie pendant l'entretien de qualification, avec ces trois questions, et elle figure dans ce que nous transmettons au client en même temps que le profil.

Quand l'écart est important, il est signalé avant l'entretien client, pas après. C'est parfois ce qui conduit à écarter un bon candidat, et c'est mieux que de l'apprendre six semaines plus tard.

Pour en parler

HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France.

Si vous avez un poste à pourvoir pour une date précise, nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.

Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement

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