Un outil ordonne, il ne décide de rien
Deux cents candidatures, et personne pour les lire
Un poste de responsable marketing nous a été confié fin juillet. En deux semaines, plus de deux cents candidatures sont arrivées.
C'est une situation banale sur les fonctions supports en Île-de-France, et c'est exactement celle où l'on entend le plus parler d'intelligence artificielle. Deux cents dossiers, un algorithme, une liste triée en quelques secondes. La promesse est séduisante, et elle est vendue partout.
Elle mérite d'être regardée de près, parce qu'elle mélange deux choses très différentes.
Ce qu'un outil fait, et il le fait bien
Un outil ordonne.
Il lit deux cents dossiers plus vite qu'un être humain, il repère les doublons, il rapproche un parcours d'un intitulé de poste, il met de côté ce qui est manifestement hors sujet, il retrouve en trois secondes le candidat croisé il y a huit mois sur une autre recherche. Il ne se fatigue pas au quatre-vingtième CV, ce qui n'est le cas de personne.
C'est considérable, et nous n'allons pas faire semblant du contraire. Ce travail de mise en ordre représente une part énorme du temps d'une recherche, et c'est un temps qui n'apporte rien au client. Personne n'a jamais recruté quelqu'un grâce à la qualité du classement de sa pile de candidatures.
Ce que l'outil libère, ce n'est donc pas de la productivité au sens où on l'entend d'habitude. C'est du temps rendu à la seule partie du métier qui décide de quelque chose.
Ce qu'un outil ne fait pas
Il ne dit pas laquelle est la bonne.
Sur ces deux cents candidatures, une poignée méritait un vrai échange. Ce qui les distinguait ne se lisait pas sur le document. C'était la raison du départ du poste précédent, le périmètre réel derrière un intitulé flatteur, la capacité à tenir dans une équipe de trois personnes après avoir travaillé dans une de quarante, l'envie sincère ou la simple lassitude.
Aucun de ces éléments n'est écrit nulle part. Ils se découvrent en parlant, et souvent à la vingtième minute, pas à la troisième.
Un outil peut préparer un entretien. Il ne peut pas le mener.
Ce que le temps gagné a permis sur ce poste
Le temps libéré est allé à une recherche menée sur trois fronts en parallèle.
Les retours d'annonce, lus un par un. Pas survolés. Une partie des bons candidats envoient des dossiers mal présentés, parce que rédiger un CV et tenir un poste sont deux compétences différentes. Un tri automatique les écarte tous.
L'approche directe de profils qui ne cherchaient rien. Ce sont les personnes en poste, bien dans leur entreprise, qui ne liront jamais l'annonce. Elles représentent la majorité du marché réel, et elles ne sont accessibles que par un appel.
La recherche sur LinkedIn, sur le périmètre exact du besoin. Pas sur l'intitulé, sur le périmètre. Ce n'est pas la même recherche.
Cinq candidats ont été présentés en une semaine. Aucun ne figurait sur cette liste sans un entretien de qualification mené avant.
La confusion qu'il faut éviter
Le débat public oppose souvent l'outil et l'humain, comme s'il fallait choisir un camp. Ce n'est pas la bonne façon de poser la question.
La vraie question est celle de l'affectation du temps. Dans une recherche, il y a des heures qui produisent de la valeur pour le client et des heures qui n'en produisent aucune. Trier, classer, ressaisir, retrouver, mettre en forme : rien de tout cela ne fait avancer un recrutement. Appeler, écouter, vérifier, recouper, défendre un candidat auprès d'un dirigeant : tout cela le fait avancer.
Un cabinet qui s'outille bien ne remplace pas la seconde catégorie par la première. Il réduit la première pour agrandir la seconde.
C'est ce qui explique une formule qui surprend quand nous la disons : plus d'outils, plus d'humain. Les deux augmentent ensemble, parce que l'un finance l'autre en temps.
Ce que ça veut dire quand vous choisissez un cabinet
Une question utile à poser lors d'un premier rendez-vous : combien de candidats seront rencontrés avant que la première liste vous arrive, et par qui.
La réponse en dit beaucoup plus long sur la façon dont votre recherche sera menée que n'importe quelle présentation de technologie.
Pour en parler
HOOK Recrutement intervient sur les fonctions supports et le management, principalement en Île-de-France.
Si vous avez un poste ouvert, ou une recherche qui s'enlise sous les candidatures, nous vous laissons nous dire quand vous avez un instant pour qu'on échange, en présentiel ou en visio.
Marc Chrétien
Fondateur, HOOK Recrutement